Revenons un instant sur l'affaire des foetus de Saint-Vincent-de-Paul

Lorsqu'un enfant est mort-né, si le corps n'est pas réclamé dans un délai de dix jours par ses parents, il doit être incinéré à la charge de l'hôpital, en vertu d'une circulaire de 2001, qu’indique le ministère de la Santé. Pour les hôpitaux, les cendres sont ensuite dispersées dans un carré surnommé "le carré des anges".

Conserver les dépouilles à des fins d’autopsie ou pour la recherche constituait autrefois une pratique répandue, avant l’adoption des lois de bioéthique, en 1994. Les autopsies et les recherches sur des dépouilles de fœtus étaient très courantes avant 1994.

Président du Comité national consultatif d'éthique, le professeur Didier Sicard rappelle que le fœtus ne dispose pas de statut juridique. Les enfants mort-nés avant 22 semaines de grossesse ou pesant moins de 500 grammes sont ainsi considérés comme des pièces anatomiques. Des recherches génétiques peuvent être effectuées sur ces embryons pendant dix jours afin de déterminer les causes du décès. Pour les enfants nés après 22 semaines ou pesant plus de 500 grammes, l’autorisation des parents est nécessaire pour pratiquer une autopsie.

Comment ne pas comprendre la détresse des parents qui apprennent du jour au lendemain, après avoir fait le deuil difficile de la mort de ce qu’ils considèrent humainement et contre tous classements administratifs, comme leurs enfants. Comment ne pas se rappeler les propos de cette maman : "Pendant trois ans j'ai cru qu'il était mort et là j'apprends qu'il n'est pas enterré. J'avais d'abord vécu avec cette image de mon enfant reposant à la morgue, comme à la télé, dans un petit tiroir, au calme. Puis, je me retrouve soudainement avec cette pensée : 'il doit être dans un seau, dans du plastique'", poursuit-elle. "Est-ce qu'il y a des étudiants qui l'ont vu ? Comment l'a-t-on traité ?".

Face, parfois, à des attitudes médicales froides et dépourvus d’humanité, on peut comprendre un tel engouement médiatique autour de ce fait.

Il est vrai que dans notre société judéo-chrétienne, la sacralisation du corps est importante. Lorsque nous perdons un être cher, dans la peine, dans ce désarroi, et pour faire le deuil plus rapidement, nous ne demandons, nous ne voulons pas savoir les causes du décès.

Moi le premier…

Cette affaire, même si certains estiment quelle a été surmédiatisé, a eu le mérite de me remettre en question face à cette déification pragmatique du corps que nous faisons à ce moment là, et dans cette réflexion, apporter une proposition.

Dans cette loi de bioéthique, ne serait-il pas utile de réfléchir sur un protocole, organisé par un organisme externe, permettant une analyse des conditions dans laquelle la personne est décédée, de façon à ce que l’aspect qualitatif des soins ne soient ou soient remises en questions.

Ce système permettrait d’apporter des éléments à des fins de recherche, et de corroborer à une échelle plus grande, les raisons ayant entraîné un décès.

Il permettrait également que la famille puisse faire le deuil dans de meilleures conditions et que le lien avec le milieu hospitalier ne soient pas en permanence assujettit aux méfiances et aux suspicions.

Enfin, ces résultats permettraient également la remises en questions régulières, puisque protocolaire et systématique, de certains médecins ou professeurs, ayant pour tendance de se reposer un peu facilement sur leurs lauriers.

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