Lionel TERRAY (1921-1965) Les conquérants de l'inutile

" Né au pied des Alpes, ancien champion des ski, guide professionnel, alpiniste de grande course, membre de huit expéditions dans les Andes et l'Himalaya, j'ai consacré toute ma vie à la montagne, et, si ce mot a un sens, je suis un montagnard."

Ainsi commence Les conquérants de l'inutile dont tout amateur de montagne ne peut que conseiller vivement la lecture.

Lionel Terray est né le 25 juillet 1921. Il est originaire de Grenoble et d'une famille aisée qui aurait plutôt aimé voir notre montagnard dans des professions quelques peu plus académiques.

Il chausse ses premières planches à trois ans et demi, et devient féru de la glisse juqu'à vingt ans. Au cours de sa jeunesse, il lui faudra de nombreuses fois braver l'interdit parental et du collège afin d'aller marcher en montagne ou escalader quelques falaises... Dans les années 40, Terray s'installe comme paysan dans la vallée de Chamonix, aidé de Gaston Rébuffat! Il se marie en 1942 avec une institutrice de Saint Gervais, et arrive à réaliser quelques "grandes ascensions exceptionnelles" malgré le dur labeur de la terre. Il complète le maigre salaire de la ferme par les saisons de ski l'hiver.

En 1941, Lionel Terray devance l'appel militaire et rentre à Jeunesse et Montagne, il y rencontre Gaston Rébuffat : "La conversation nous amena à parler de nos projets ; les siens me parurent complètement extravagants!... Sa conception de l'alpinisme, aujourd'hui courante, était très en avance sur son époque, et pour moi entièrement nouvelle."

" Pendant cet hiver, j'en ai appris davantage dans ce domaine science de la neige que dans tout le restant de ma vie, et pourtant dieu sait si, dans ma jeunesse, je me suis souvent aventuré imprudemment sur des pentes dangeureuses".

En mission à ski sur le front de Maurienne, avec la Compagnie Stéphane.

En 1945, l'alpinisme devient toute sa vie : "ma passion, mon tourment, mon gagne pain" écrit-il. Terray est instructeur à l'Ecole de Haute Montagne, puis l'hiver moniteur de ski et par la suite guide, un choix profondément réfléchit afin de garder son indépendance et de ne point être sous le diktat de chefs... enfin libre!A cette époque, Lionel réalise ses premières courses avec Louis Lachenal, c'est le début de grandes épopées dans les plus grandes faces des Alpes et notamment les faces nord des Grandes Jorasses et de l'Eiger.

1942, première du versant nord-est du col du Caïman. 1942, première de la face ouest de l'aiguille Purtcheller. 1944, première de l'éperon est-nord-est du Pain de sucre. 1944, premières en face nord de l'aiguille des Pèlerins ; et nord du col de Peuterey avec Herzog. 1946, éperon nord des Droites, avec Lachenal, en huit heures! Et face N des Grandes Jorasses. 1947, troisième de la fece nord du nant blanc à l'aiguille Verte. 1947, seconde ascension de la face nord de l'Eiger avec Lachenal.

En 1946, Lionel Terray devient instructeur de ski à l'ENSA. Puis, il quitte la France pour le Québec prenant alors la casquette d'entraineur de l'équipe nationale de ski.

Il revient en France en 1949, et s'installe finalement comme guide indépendant.

3 juin 1950 : Lionel Terray participe avec son ami Louis Lachenal à l'expédition française à l'Annapurna. Ce-dernier et Maurice Herzog seront les premiers français à vaincre un sommet de 8000m. Mais que seraient devenus ces deux vainqueurs de l'Annapurna sans l'aide exemplaire de Terray pour la redescente?

En 1952, Terray embarque pour le Fitz-Roy. Ascension de l'Aconcagua. En 1954, lors d'une reconnaissance pour le Makalu, réussite au Chomo Lönzo. En 1955, succès au Makalu avec Jean Couzy. Les deux jours suivant la première au sommet verra l'ensemble des membres de l'expé parvenir sur la cime. Esprit d'équipe! En 1956 au Pérou, ascension du Nevado Chararju 6110 m ; du Taullijaru 5830m. En 1959 : expé au Jannu, arrêt à 7400m. En 1962, sous la direction de Terray, réussite. En 1965, avec son ami Marc Martinetti, Lionel Terray fait une chute mortelle au Gerbier dans le Vercors.

Il laisse un ouvrage remarquable au titre ô combien évocateur : "Les conquérants de l'Inutile".

Cet ouvrage aux éditions Guérin est incontournable! Les passages ci-dessus entre guillemets en proviennent.

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