Siège grenoblois de la Région Rhône-Alpes

Je me rendais, il y a quelques jours au nouveau siège grenoblois de la région Rhône-Alpes.

Déjà, je m'étonnai de la localisation de celui-ci.

Non pas qu'il se situe au centre-ville, mais l'adresse n'a vraiment rien de très populaire.

Le cinq de la rue Félix Poulat...

Juste au-dessus du club de bridge. Au quatrième étage. Mon premier étonnement fut lorsque je pénétrais dans les lieux. J'avais cru comprendre que ce local était destiné à l'accueil du public. Comme vous pouvez le voir sur les photos, il ne faut être ni personnes âgées ayant des difficultés de locomotion, ni handicapé en fauteuil roulant. OLYMPUS DIGITAL CAMERA Je ne sais quel budget a été alloué à la réfection de ces locaux qui sont flambants neufs ; mais le choix du quatrième étage, certes avec ascenseur, comme vous le voyez sur cette seconde photo, les rendent toujours inaccessibles. OLYMPUS DIGITAL CAMERA J'allais donc me renseigner sur les nouvelles actions en direction de la politique de la ville que la région Rhône-Alpes avait décidée d'instruire dans ces nouveaux dossiers.

J'ai été reçu fort cordialement par de très sympathiques secrétaires qui se sont mis en quatre pour me trouver une documentation paradoxalement absente des locaux…

Elles se sont donc rendues sur le site Internet de la Région, comme la plupart des citoyens auraient pu faire eux-même sans se déplacer dans cette permanence. Je fus effaré par la grandeur des locaux et je m'étonnais de l'absence des moyens de sécurité pour un site censé accueillir des réunions de plus de 50 personnes.

J'étais déjà scandalisé à la lecture du numéro 169 du mensuel "Capital", en découvrant la somme effarante dépensée par la région Rhône-Alpes pour enlever un trait d'union et reformater le logo de la région.

Soit 1 300 000 €... Plus d'un milliard de nos anciens francs.

Il est vrai que jusqu'à présent les habitants de Rhône-Alpes vivaient dans une région composite ; un territoire déchiré littéralement coupé en deux par ce trait d’union qui torpillait, paraît-il « la dimension fusionnelle ».

La conception de ce logo est revenue à 73 000 €.

La campagne de communication lancée pour célébrer sa naissance a coûté 850 000 €.

Le remplacement de l'ancien logo sur les wagons TER et sur les frontons des lycées a mobilisé au bas mot 300 000 €.

Ce total fait que la région a donc bien déboursé pas loin de 1 300 000 € pour se refaire "une virginité visuelle".

La visite de ses locaux m'a fait penser à ces dépenses somptuaires que les politiques, nos soi-disant élus, effectuent d'une façon éhontée, alors que nous sommes dans une période de récession économique.

Alors que nous connaissons un taux de chômage considérable avec une précarité grandissante, des logements manquants et pour ceux existants prohibitifs, ces élus du peuple, ces ouvriers en contrat à durée déterminée, s'empressent de dépenser des sommes excessives et honteuses afin de laisser une hypothétique trace dans l'histoire.

Certes, mais ils ne laisseront dans leur passage, que la marque de la honte, et d'une société déchirée à coup de choix budgétaire, en dehors des réelles nécessités.

Je ne veux pas savoir combien coûte la location de ses locaux, combien a coûté la réfection, ni quel budget il sera consacré annuellement ; mais ce que je sais c'est que l'on aurait pu en trouver d'autres plus modeste, dans un quartier plus populaire, en rez-de-chaussée, et accessible à tous les publics.

Ce dont j'ai également la certitude, c'est que le budget d'1 300 000 € alloué au changement de logo aurait pu être mieux utilisé dans des projets liés à la politique de la ville.

En effet, je n'en aurais pas voulu au président de la région Rhône-Alpes, si celui-ci avait gardé l'ancien logo pour concentrer cette énergie qu’est l'argent vers d'autres objectifs plus louables.

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