Petits morceaux choisis du serment d’Hippocrate :

« …Je donnerai mes soins à l'indigent et à quiconque me les demandera…..

……Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire….. »

La déontologie est synonyme de morale professionnelle, impliquant le respect par les membres d'un corps d'un ensemble de règles de conduite, reposant sur une axiologie (une philosophie des valeurs) de la profession… soit…

41% des spécialistes refusent de prendre en charge les patients les plus démunis, bénéficiaires de la couverture maladie universelle. gemmani-cmu.jpg Ce qui équivaut à dire qu’il vaut mieux éviter d’être pauvre et malade dans notre beau pays.

Parmi les spécialistes, les gynécologues (44%) et les psychiatres (50%) sont les praticiens qui présentent les taux de refus les plus élevés. Un tiers des ophtalmologues (33%) et 40,9% des pédiatres sont également dans ce cas. S'agissant des dentistes, 39% ont refusé une prise en charge.

Dans cette ère, où tout n'est que spécialisation, un médecin sur cinq que vous consulterez vous renverra vers un autre médecin.

C’est en substance le résultat de l’enquête du Fonds CMU, établissement public administratif contrôlant l’application et le financement de la couverture maladie universelle. Pointant le comportement d’une partie de la corporation des médecins spécialistes.

Notons que ce rapport a été réalisé auprès d'un échantillon de professionnels de santé installés dans six villes du Val-de-Marne.

L’objet de cette étude est d’évaluer l’attitude médicale face aux patients bénéficiant de la CMU, mesure créée en 1999 et concernant 4,8 millions de personnes, qui n’ont pas à avancer d'argent lors de la consultation, le médecin étant directement payé par la Sécurité sociale.

Pour réaliser cette enquête, le Fonds a adopté la méthode du «testing», une personne se faisant passer auprès des médecins, au téléphone, pour un bénéficiaire de la CMU. Lorsque le praticien motivait le refus de rendez-vous par un manque de place, par exemple, une seconde personne, se présentant comme un assuré ordinaire, téléphonait à son tour, obtenant généralement sans difficulté un rendez-vous.

A l'inverse, les généralistes ne refusent que dans 4,8% des cas ces patients (1,6% pour les généralistes de secteur 1, appliquant des tarifs de la «Sécu»).

Petit à petit, nous sombrons dans un système de santé économiquement ségrégationniste, ou le patient n’est autre qu’un client commun, avec toute l’étymologie liée à une marchandises, et à un comportement mercantile.

Ce ne sont sans doute pas les médecins qui manquent, mais peut être, la médecine…