HP : Des employés... qui veulent partir...

L'été dernier, l'entreprise annonçait la suppression de 1 200 postes en France sur 4 800, dont une majorité sur le site de Grenoble.

Suite à une mobilisation sans précédent des employés, HP avait fini par limiter le nombre d'emplois supprimés à moins de 800.

Mais, surtout, l'entreprise de matériel informatique a lancé un appel aux départs volontaires sur des bases très avantageuses.

Résultat : HP ne licencie personne mais doit aujourd'hui faire face à un excédent de candidats au départ. Quelque 350 employés en trop inscrits au plan social. Or, cette semaine, lors d'un comité d'entreprise extraordinaire, la direction a annoncé qu'elle ne remplacerait pas tous les postes des volontaires excédentaires, déclenchant la colère des syndicats.

Et les candidats au départ sont inquiets. Beaucoup vont partir en vacances sans savoir s'ils vont effectivement pouvoir quitter HP.

Comme cela avait été le cas lors d'un précédent plan social en 2003, les syndicats ont en effet assez facilement obtenu le versement d'indemnités de départ équivalentes en moyenne à deux-trois ans de salaire.

Auxquelles s'ajoutent des aides à la création d'entreprise, des plans d'accompagnement et de formation. Enfin, les plus de 51 ans peuvent partir en préretraite. Le guichet de départ a été clos le 5 juillet. Mais la plupart des candidats avaient pris leurs décisions dès l'annonce de l'ouverture du plan. Durant une année, ils ont travaillé à la suite. La vie après HP. Selon les syndicats, près de 85 % d'entre eux se sont déjà «recasés» ailleurs, soit avec un autre CDI, soit en créant leur propre entreprise.

Parmi les employés de HP, personne ne semble étonné de la ruée vers les guichets de départ. Ils évoquent une démotivation générale. «Il est fini le temps où l'on rentrait chez HP pour y faire carrière. Depuis quelques années, on sent bien que l'entreprise ne mise plus sur nous, mais sur l'étranger», raconte un agent de maîtrise du site de Grenoble. «On n'est plus là pour développer des produits HP, mais pour engraisser des actionnaires, sans aucune contrepartie, ce qui n'est pas très motivant», ajoute un cadre financier. Comme les autres «volontaires», il n'a pas hésité longtemps à se porter candidat au départ. «Je ne regrette pas. En revanche, maintenant que j'ai construit d'autres projets professionnels, j'aimerais tout de même savoir si je vais vraiment partir !»

Rien à voir avec le statut des ouvriers de Poliméri ?

Un combat de privilégiés, sous couverture syndicale pour une vision populaire, fleuretant un tantinet avec le nantis ?..

Nous n'en somme pas bien loin ou dirais-je, tous juste dedans...

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