J'ai déjà eu l'occasion de dire dans ces lignes, que le militantisme partisan et sectaire, n'avait pas ma faveur.

De l'abandon de soi-même à l'hypocrisie publique, le discours se fige dans le dénigrement de l'adversaire ou sa considération, selon les impératifs du moment.

Les propos du jour ne sont jamais justifiés que par le présent, sans crainte d'insulter l'avenir et l'auditeur tout à la fois.

Hâtivement, l’ex-maire de Grenoble et actuel président de l'UMP Isère, Alain Carignon, a annoncé qu'il se présenterait en 2008 aux élections municipales à Grenoble, "dans l'espoir de reconquérir la ville", dans un entretien publié ce mercredi par le quotidien le Dauphiné Libéré.

"C'est parce que le combat est difficile que je dois le conduire (...) mon devoir ce n'est pas seulement de gagner l'élection législative dans la première circonscription, c'est aussi de conduire le combat aux élections municipales", explique M. Carignon.

Est ce le même qui se voulait légitimiste, en sollicitant l’approbation des militants, par une démarche démocratique en leur demandant par le vote, le bien-fondé de leur représentation par un candidat ou par un autre, et qui maintenant s’autoproclame « meneur de liste » avant d’avoir ne serait ce que procédé à ce qu’il a récemment défendu.

L'ancien ministre a été choisi par la commission nationale de l'UMP pour se présenter aux législatives dans la première circonscription de l'Isère, et vient de nous expliquer par cette déclaration que cette circonscription est d’ores et déjà perdu pour son camp, et que l’on devra accepter une évidence dans la foulée, sans pouvoir la contester.

Alain Carignon, considère que "son action à la mairie de Grenoble est reconnue".

« Il y a eu une tache. J'ai payé. Je suis quitte vis-à-vis de la société. Et je souhaite laver cette tache », souligne-t-il, car "Je suis candidat car je le dois à Grenoble et aux Grenoblois", dans sa thématique de campagne législative, entonnant « l'élan d'un vrai changement ».

Mais qu’est-ce que le changement ?

Le dictionnaire nous dit que le changement est une transformation de quelque chose dans l’espace temps ou une substitution de quelque chose par autre chose dans l’espace géographique.

Il est difficile qu’un changement s’opère dans l’espace géographique sans s’opérer également dans l’espace temps, mais c’est bien entendu le changement en tant que transformation qui m’intéresse ici, au sens philosophique.

Selon de nombreux philosophes, le changement est synonyme de mouvement, mais aussi d’existence : rien qui existe ne peut rester et à l’instar de Bergson, « quelque chose ne peut pas changer s’il n’y a pas quelque chose qui ne change pas. »

Mûrir sert à effacer les mauvais moments de la vie, mais pas seulement ; cela nous sert également (et surtout – selon que l’on soit optimiste ou pessimiste) à s’élargir l’esprit de part l’expérience que l’on acquiert, et réaliser les objectifs que nous nous sommes fixés.

Lorsque nous avons atteint nos objectifs, ne pouvons nous pas passer à cet instant de sagesse dans sa plénitude et disparaître de l’avant scène, l’esprit tranquille, en préparant sa succession.

Alain Carignon, avait vu sa fulgurante ascension politique interrompue par cet épisode judiciaire alors que son avenir prometteur faisait qu’à cette époque, Nicolas Sarkozy était un tantinet en arrière plan par rapport à lui, tant l’avenir d’Alain Carignon était promis à des sphères plus élevées.

Dans cette allégresse du moment, y aurait-il pas le sentiment d’une peine caché, à voir un ami ravir une destiné qu’il aurait put habiter à son endroit ?

Mes raisonnements ne font heureusement pas loi, mais ma perception face à ces attitudes et ces comportements, m’amène à cette démonstration…

A ce moment précis, l'intérêt général, notion quelque peu mystique, souffre encore plus le doute.

La politique doit à Grenoble se vivre « Autrement ».

C'est la qualité de l'oeuvre qui doit porter et légitimer la méthode et non l'inverse.

Dans cette situation, je ne vois pas pourquoi je ne prétendrais pas, moi aussi, à solliciter l'assentiment de mes concitoyens Grenoblois en œuvrant à la réalisation d’une équipe, dont la mixité sociologique, idéologique et de compétences, serait à même de rendre à Grenoble son nouveau souffle tant espéré…

Que la vertu des commentaires supplée mon audace!…