Des pêches pour des poires…

Les deux ministres, apprentis primeurs du moment, Christine Lagarde à l’Economie, et Michel Barnier à l’Agriculture, se sont rendus samedi matin à l'hypermarché Carrefour d'Athis-Mons, dans l'Essonne, pour faire la promotion des pêches victimes de méventes, une cagette de nectarines sous le bras, à l'abri d'un auvent installé sur le parking ...

Mais pourquoi Michel Barnier, a t'il prit part à cette mystification, et de plus dans une grande surface, loin d'être représentative d'une certaine morale commerciale, validant par la même, la tactique de l’éthique « Carrefournienne »

Les deux ministres, dont la visite a duré environ une heure, ont aussi fait un tour rapide dans le magasin, où l'opération se poursuivait. Pêches et nectarines, jaunes ou blanches: toutes étaient affichées au prix de 3 euros les deux kilos.

Le prix était en dessous de 1 euro payé au producteur alors qu'il faudrait au moins 1,10 euro -1,20 euro, pour que la filière limite la crise de ce secteur. Les pratiques d’achat des distributeurs, qui tirent les prix vers le bas et exigent des délais très courts pour ne pas avoir à assumer le risque de stock, ne sont surement pas méconnus par nos deux protagonistes. 30072007163.jpg Le gouvernement a autorisé, ce week-end de grands départs en vacances et le premier week-end d'août, des ventes exceptionnelles de pêches et de nectarines dans les supermarchés et les hypermarchés ainsi que sur les aires de stationnement des centres commerciaux… Encore un symbolisme insuffisant et improductif…

Il faut rappeler au bon souvenir de nos amnésiques ponctuelles, le fonctionnement très spécial de la grande distribution française.

Tout en se livrant une guerre des prix acharnée à coups de pub, face à des consommateurs au pouvoir d’achat en berne, les firmes de ce secteur parviennent à s’assurer de juteux bénéfices.

Leur secret ?

Le fait qu’elles constituent un « oligopsone » (à ne pas confondre avec un oligopole), c’est-à-dire le fait qu’elles ne représentent qu’une poignée d’acheteurs face à une multitude de fournisseurs.

Cette situation leur confère un certain « pouvoir de marché », soit un ascendant dans les négociations.

Autrement dit, quand les grandes surfaces attirent le chaland avec une ribambelle de promotions, ce ne sont pas elles qui les offrent, mais bien les fournisseurs.

Fournisseurs également sommés de payer au prix fort toute une série de commissions s’ils veulent être « référencés », c’est-à-dire présents dans les linéaires.

Ce sont elles qui constituent les fameuses « marges arrières », qui permettent aux hypermarchés de gagner beaucoup en vendant pourtant à prix coûtants.

Non contentes d’exercer une pression énorme sur leurs fournisseurs, les enseignes de la grande distribution se livrent donc à une surenchère de communication, inondant les boîtes aux lettres de prospectus, et maintenant les écrans, de spots indigestes.

Une invention bien française partie à la conquête du monde.

Sans compter, que les distributeurs refusent d’utiliser régulièrement les labels pour les produits de marque, et instituent leur propre cahier des charges... souvent en deçà des normes.

Commentaires

1. Le lundi 30 juillet 2007, à 10 h 13 par Nath

Vive le commerce de proximité !

Et à ce sujet, un p'tit coup de pub pour l'initiative "Court-Circuit" (voir billet sur Greblog) : à encourager !

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