Principe de précaution sous couvert de libération de croissance...

Dans des temps « normaux », j’aurais suivi sans équivoque, la décision de cette « Commission Attali », sur la suppression de ce principe de précaution, mais

En effet, ce principe de précaution a été introduit en préambule de la Constitution Française en 2004.

Il figure à l’article 5 de la Charte de l’Environnement, mais aurait tendance à se disperser bien souvent à d’autres secteurs d’actions et/ou d’activités.

Ce principe de précaution n’est autre que le nom moderne du parapluie ; pas celui qui protège des intempéries, mais celui sous lequel s’abritent tous ceux qui ne veulent surtout pas se mouiller.

Quelles que soient les intentions des législateurs, le principe de précaution se transforme, parfois, en principe de négation.

Les avancées scientifiques et techniques nous permettent de connaître une vie plus sereine et un confort matériel que n’ont pas connu les générations précédentes.

Par ailleurs, grâce aux progrès de la médecine, notre espérance de vie a considérablement augmenté ces dernières années.

Ce sentiment d’une plus grande sécurité ne doit pas nous faire oublier que les progrès et les avancées de la recherche sont indissociables d’un certain facteur de risques.

Pourtant, ce sentiment de sécurité conduit certains esprits frileux à entretenir la dangereuse illusion du « risque zéro », puis à inventer le « principe de précaution » qui peut ralentir toute volonté.

L’institutionnalisation du principe de précaution trouve son origine dans les évènements largement médiatisés à la suite desquels la société ressent le besoin absolu de trouver des boucs émissaires ou des coupables, mais aussi la dérive permanente de notre pays vers une société hyper protectrice, dans laquelle nous sommes manipulés par ceux qui affirment que nous sommes incapables de nous prendre en main, et nous devons attendre que le Service Public qu’incarne l’Etat bienveillant nous apporte la santé, l’éducation, le logement, le transport, la sécurité, le travail.

Nous évoluons également dans une société de plus en plus aseptisée, une société uniforme, qui ne laisse plus de place à la fantaisie, et dans laquelle il ne faut surtout pas s’aventurer en dehors des standards.

Cet état d’esprit nous conduit à évoluer d’un État qui devrait représenter uniquement le bien commun et défendre l’harmonie entre les citoyens, vers un État qui veut protéger chacun jusqu’à trouver le danger partout .

La loi nous oblige à subir un bombardement d’avertissements sur les dangers de la cigarette pour les poumons, du sucre pour les kilos, des graisses pour le cholestérol, de l’alcool pour le foie, du Loto pour le portefeuille, et de temps en temps des excès d’antibiotiques, des téléphones portables, des huîtres, … et peut être de la télévision qui abêtit...

J’en parle d’autant plus facilement, car certains sujets évoqués ci-dessus, ont tendance à polluer parfois mon quotidien.

Mais n’annihilons pas l’esprit civique et notre libre arbitre si cher à chacun.

Ces avertissements ne doivent pas nous empêcher de vivre même si notre vocabulaire risque d’évoluer

Une bande dessinée de Geluck où on voit "Le Chat" qui, se trouvant dans son bar préféré, demande au barman :

« Aurais-tu une boîte de "ne-pas-laisser-à-la-portée-des-enfants" pour que je puisse allumer ma "nuit-gravement-à-la-santé" ?»

Réponse du barman « ok, est-ce que je te le sers avec un "à-consommer-avec-modération" ?»

Certes nous courrons de graves dangers, mais nous constatons néanmoins que les générations qui ont précédé le principe de précaution n’ont pas été décimées.

Aujourd’hui, l'abus du principe de précaution devient l’arme absolue de celui qui ne veut pas agir et assumer ses responsabilités.

Nous verrons alors cette phrase de Woody Allen devant les portes des maternités fermées au nom du principe de précaution : [1]

« La vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ».

Il nous faudrait faire disparaître ce principe de précaution de notre vocabulaire et peut être de nos textes officiels, mais pas n’importe comment, et surtout pas comme un prétexte pour libéraliser bon nombre d’autres mesures beaucoup plus nocives encore, même si la quasi totalité des membres de cette commission Attali[2], y voient un frein majeur à la croissance.

Ces mêmes experts estiment que développer la grande distribution est le seul moyen de faire baisser les prix des biens de consommation.[3]

Ils préconisent d'en finir avec les trois lois Galland, Royer et Raffarin qui encadrent les relations entre la grande distribution et les fournisseurs.

Pour la commission Attali, il est temps de "restaurer la liberté tarifaire" en autorisant "la liberté des négociations commerciales" et en mettant fin à l'interdiction de revente à perte.

Cependant, elle préconise des garde-fous pour éviter de pratiquer des prix "abusivement bas".

Pourquoi y associer ces mesures destructrices et d’un libéral outrancier et exterminateur à faire pâlir un Alain Madelin.

Quelles sont les garantis pour la pérennité des PME-PMI, de l’artisanat et du petit commerce de proximité

Dangereuse et excessive est l’amalgame entre ces deux thématiques.

Même si le volet sur le logement me parait évoquer quelques pistes intéressantes, il ne faut pas tous mélanger.

Créer une réciprocité entre ces deux faits est de l’inconscience ou de la grande stratégie manipulatrice.

L’action politique, par nature, affectionne les maux existants en essayant de les résorber.

Il ne faut pas la confondre avec ce libéralisme contemporain excessif et contemplatif, qui ambitionne de les remplacer par d'autres, quelqu’en soit le prix, et qui ne profitera qu’aux aisés ; et à personne d'autre

Notes

[1] "joke !"

[2] "www.liberationdelacroissance.fr"

[3] mais bien sur !!!

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