cumulsmall-294b8-b0000.jpg On nous répète à longueur de temps, que le cumul des mandats et de certaines fonctions permet au législateur et plus largement aux responsables politiques, de demeurer les pieds sur terre, au contact du terrain, toujours proche de la société et de ses problèmes...

C'est surtout une chimère française, moins importante, voire marginale chez nos voisins.

En Grande-Bretagne, seuls 15 % des parlementaires détiennent un mandat local. Outre-Rhin, les situations de cumul sont rares. Une partie des Länder suspendent les indemnités de leurs élus qui siègent au Bundestag. En Espagne, les députés n’ont pas le droit d’être élus dans un Parlement de communauté autonome. Les sénateurs ont cette faculté, mais ils ne perçoivent alors que leur indemnité parlementaire. L’Italie connaît une situation intermédiaire. Députés et sénateurs n’ont pas le droit d’être conseillers régionaux.

Chez les nations que l’on appelle, avec parfois condescendance, les nouveaux pays de l’Union, le cumul des mandats est rigoureusement interdit. C’est notamment le cas des républiques baltes et d’Europe centrale, ou bien encore à Malte et à Chypre. Il en va de même en Norvège. Le cumul des mandats est pratiquement impossible au Portugal. La législation danoise ne prévoit rien en ce domaine. Une attitude qui ne saurait être assimilée à du laxisme, car là-bas, ce sont les partis politiques qui se chargent d’empêcher ce cumul. Une responsabilité également assumée par les formations politiques hollandaises.

Hors d’Europe, la législation nord-américaine est très stricte, interdisant le cumul d’un mandat fédéral et de fonctions locales. Une séparation des pouvoirs qui nous paraît bien exotique.

En France, le parlement devient une sous assemblée à cause de ce cumul des mandats.

Les Français, à une large majorité, déconsidèrent la/le politique, estimant que ses multiples candidatures n’ont plus rien à voir avec un engagement sincère. De même, il n’est pas sain pour la vie démocratique qu’une même personne puisse rester à la tête d’une collectivité pendant 20 ou 30 ans.

Quand donc voudrons-nous bien entendre ces propos simples : un responsable qui a de multiples casquettes, élu local et élu national, présidents de communautés de communes, conseillers régionaux, conseillers généraux… remplit correctement, voir consciencieusement son premier mandat, et quand il le peut, quand sa fonction municipale, départementale, ou régionale, lui en laisse le temps, le second.

Alors, au local, quand est-ce qu’on s’y met ?