Entre le tolérable et l'inacceptable...

Nous communiquons suffisamment au jour le jour pour que nul n’ignore que la situation de la rue se dramatise.

Nous ne pouvons continuer ainsi, et plus que jamais, il y a nécessité à ce que chaque commune, sans distinction, se mobilise et s'investisse dans cette réflexion urgentiste de la gestion humanitaire et sanitaire de ces populations que nous rencontrons soir après soir, sans trouver de solutions pérennes.

Elles sont de plus en plus nombreuses, arrivent par vagues, et nous ne sommes pas structurés pour répondre valablement à cet afflux qui s’intensifie et semble ne pas vouloir s’interrompre.

Même s’il est évident que des réseaux de passeurs existent, nous ne pouvons pas laisser ces enfants ( très jeunes, souvent malades, hagards) et ces femmes dans cette situation.

Les bénévoles n'en peuvent plus d’intervenir sans résultat acceptable.

Ils ne sont pas las d'agir en direction de ces publics puisqu’ils ont fait le choix de donner de leur temps pour les aider, sans a priori, sans ménager leur peine.

Mais, retrouver soir après soir les mêmes situations qui viennent se conjuguer à de nouveaux arrivants, avec une politique de refus systématique d'aide ordonnée, tout cela génère du découragement, mais aussi le sentiment qu’il ne faut pas fermer les yeux.

Ce sont ces mêmes bénévoles qui assument, le lendemain matin après une maraude le plus souvent perturbante, un travail et une famille.

Je ne cesse personnellement d’avoir un grand respect pour ce qu’ils font, sans tambour ni trompette, mais avec cœur et efficacité. Pourquoi ne pas imaginer qu’on puisse donner un peu plus : un abri, de la nourriture, un dialogue, une perspective : ces fugitifs sont venus avec un espoir, ils sont là, nous leur devons, au point où nous les rencontrons, une réponse simplement humaine.

Si les institutions veulent bien entendre ce témoignage quotidien et ininterrompu, ce serait une belle reconnaissance.

Il faut absolument que les institutions cessent d’ignorer que plein de gens se retrouvent dans ces situations, chaque nuit (évidemment, ils sont aussi dans l’errance le jour !) … Elles doivent cesser de considérer que ce n’est qu’un « épiphénomène », mais ouvrir les yeux car il y a de la pâte humaine derrière.

Et si elles doutent encore, ou ne peuvent, au moins une fois, « imaginer » pour s’ouvrir à une vraie réflexion (vite !) que leurs enfants, leur frère, leur ami peuvent, un jour, se retrouver dans cette situation, nous les invitons à marauder avec nous pour visualiser le phénomène et l’apprécier à sa juste valeur.

Mobilisons-nous afin d'interpeller ces institutions, mais aussi de trouver des solutions citoyennes et simplement humaines.

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