Gens du voyage, Roms et... demandeurs d'asiles

Le président de la République a choisi la stigmatisation des populations Roms et Gens du voyage par des amalgames notamment en annonçant l'expulsion ciblée ethniquement, de tous les campements en situation irrégulière.

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Pour cela, il annonce une réunion sur « les gens du voyage et les Roms ».

Le premier terme est administratif et non ethnique, quant au second, il recouvre des catégories de population très diverses.

L’Élysée semble inclure sciemment et dans un même ensemble, des populations fort différentes.

A travers ses déclarations, il vise d’abord les Roms de Bulgarie et de Roumanie qui sont intégrés à l’Union européenne depuis 2007.

Ils seraient environ 10 000 à 15 000 sur le territoire national.

Selon la loi, ces familles – qui s’entassent dans des bidonvilles, vivent de la mendicité ou de petits boulots – ne sont expulsables que si elles troublent l’ordre public et ne disposent pas de ressources suffisantes pour rester en France plus de trois mois. Sédentaires dans leur pays d’origine, ces Roms n’ont pas la nationalité française et, le plus souvent, ne parlent pas le français.

Ce n’est bien évidemment pas le cas des Roms installés en France depuis des générations. Selon leurs origines (Espagne, Italie, Europe de l’Est…), on les appelle Tsiganes, Gitans, Manouches ou Yéniches. Les premiers se sont installés en France dès le XVIe siècle.

Ces Roms sont français et beaucoup d’entre eux se sont sédentarisés.

Depuis cinq jours, les journalistes ou les politiques parlent indifféremment de Roms ou de gens du voyage.

Il faut remonter au XIXe siècle pour voir apparaître le concept de gens du voyage. À l’époque, l’administration doit gérer les migrations intérieures. Elle crée une carte de « saltimbanques » pour tous ceux qui exercent une activité professionnelle ambulante.

Mais sur les routes de France, on croise aussi toute une variété de migrants : des anciens soldats de Napoléon, des familles qui ont fui la misère de leur région et… les Roms.

En 1912, la loi introduit le statut de « forain » et un « carnet nomade » avec signalement anthropométrique : doubles photos d’identité, empreintes digitales, mensurations. L’utilisation de ces documents pendant l’Occupation pour interner les Tsiganes poussera le législateur à supprimer le signalement anthropométrique. La loi de 1969 crée un titre de circulation et introduit le terme générique de « gens du voyage. »

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que beaucoup de grandes familles de gens du voyage ont des racines régionales très anciennes.

Certaines, d’origine plutôt rurale, se déplacent à l’intérieur d’une même région.

D’autres, aux origines plus urbaines, ont plus de moyens, se déplacent moins souvent mais vont plus loin.

Combien sont, respectivement, les Roms et les gens du voyage ?

L’interdiction de statistiques ethniques empêche de donner un chiffre précis des Roms français, mais on cite souvent le nombre de 350 000 personnes. Pour les gens du voyage, l’administration recensait 160 000 titres de circulation en 2006, délivrés aux personnes âgées de 16 à 80 ans. Parmi les gens du voyage, certains ont choisi d’acheter un terrain familial où ils garent leurs caravanes autour d’un local en dur (autorisé depuis la loi Besson de 1990).

Mais l'on oublie aussi que dans cette confusion, une population de demandeur d'asile, qui aux yeux du commun des citoyens, ne se differencie pas de ces publics et subit également la stigmatisation qu'orchestre le chef de l'état.

Opposer une notion ethnique à une notion purement administrative est un manque de connaissance et de culture sur ces sujets, ou une volonté délibérée de créer un nouveau leurre pour cacher l'incapacité de répondre à une problématique.

Ceux qui n'ont pas l'esprit libre ont des pensées toujours confuses.

Je vous invite à découvrir ce site réalisé par des lycéens de Seine Saint Denis sur les migrations humaines : www.vues-migratoires.com

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