Projet passerelle sur l'Isère : une nouvelle forme de démocratie participative

Le 6 octobre dernier, nous recevions à la Mairie de Grenoble, l'association "Enfance et Familles" pour exposer un projet d'habitants...

En préambule, un "atelier charpente", sur une technique de Philibert Delorme, qui par un biais constructif et ludique , propose un atelier qui éveille les enfants à la créativité et au réalisme, donne confiance en soi et en l'autre, suscite de l’enthousiasme et le désir d'autonomie, le sens de la complémentarité et de l'économie. C’est une des seules charpente dans l’histoire qui soit réalisable par des enfants.

Cette création est interculturelle : Philibert Delorme est un artisan maçon devenu le premier architecte sous Colbert.

La charpente en carène de bateau est constituée "de petites pièces assemblées" formant des arcs.

Elle reflète l’alliance de la simplicité et d'ingéniosité.

Des maisons en Auvergne se réalisent encore ainsi de nos jours pour la qualité et la douceur des espaces aménageables apportés. ou des enfants en situation de handicape ou non, ont pu co-construire une arche, ensemble, dans le respect des différences, pour une société durable.

Vont suivre la vidéo de ce moment, ainsi que le texte de la conférence qui a suivi cet atelier charpente.


Passerelle sur l’Isère:une nouvelle démocratie participative
envoyé par gemmani. - L'info video en direct.

"Depuis de nombreuses années Grenoble mène une politique solidaire engagée en faveur du respect des différences et des handicaps.

Avec le mois de l'accessibilité, la ville propose des animations festives, citoyennes et participatives à laquelle nous sommes conviés, professionnels, étudiants, enseignants et associations. Et pour cela nous remercions sincèrement Stéphane GEMMANI et son équipe, ainsi que, entre autre, Josiane LACOSTE, Annick DEBARD et Maud COTTAVE qui nous ont aidés.

C'est à la demande des élus Geneviève Fioraso et Jacques Chiron qu'en 2006 et avec l’aide des services techniques des berges, et les conseils du concepteur de la passerelle Simone de Beauvoir à Paris, M. Feichtinger, que nous avons présenté l’estimation d’une passerelle entre la rue Lachman et la rue de l’Isère.

Entre 1 million d’euros pour une passerelle minimaliste comme celle réalisée en maquette et 3 millions d’euros pour une passerelle de 12 mètres de large comme celle de S. de Beauvoir, les possibilités sont étendues et une étude menée sous forme pédagogique avec l’école d’urbanisme permettrait de définir un programme adapté.

En effet, au-delà de sa fonctionnalité de circulation piétonne, nécessaire pour différentes raisons que peuvent développer les unions de quartier, cette passerelle peut jouer un rôle fédérateur de développement social et touristique.

Le projet ne date pas d'hier, dès 1867, le maire de l’époque, avait souhaité réaliser une passerelle dans ce croissant de nature au coeur de la ville.

Aujourd’hui, c’est l’image de Grenoble qui peut se refléter à travers un programme exigeant : une ville pionnière en matière d'éducation, de santé, de sciences, de technologies, d'accessibilité, de développement local et durable.

Grenoble peut saisir l'opportunité de mener une action participative destinée aux étudiants urbanistes, architectes, designers, ingénieurs, constructeurs et scientifiques.

Notre ville réunit en effet toutes les énergies nécessaires pour mener une étude approfondie et stimuler sa jeunesse sur les questions d'aménagement du territoire.

Nous savons tous que les échanges entre universités et entreprises sont de plus en plus nécessaires, et que les jeunes ont besoin d'être stimulés pour se sentir responsable au moment des votes.

Apprendre à créer ensemble, expérimentalement, dans la complémentarité et l’émulation. Être source d’économies et de bien être pour tous. Les échanges constructifs entre générations et cultures pacifient les relations, dissipent les peurs, et aident à respecter les différences.

Par exemple, un projet de passerelle piéton implique de se plonger dans l'histoire contemporaine et ancienne de la ville. C’est un exemple parfait pour explorer concrètement une nouvelle forme de participation citoyenne.

D’autant plus qu’en 2005 les services techniques ont tenu compte de l’éventualité de la réalisation de la passerelle sur les plans de renforcement des digues. Ces derniers nous ont fourni toutes les indications, contraintes et plans des berges pour la conception de l’ouvrage. Une seconde rencontre en 2011 avec les étudiants d’urbanisme apporterait un nouveau regard.

Mais nous allons encore plus loin, afin de ne pas laisser de côté les citoyens non spécialisés de l'aménagement du territoire.

!Une pédagogie à la citoyenneté

En effet, nous proposons de mener un appel à idées ouvert aux écoles primaires affin d’éveiller les enfants, valides comme en situation de handicap à la vie de leur cité et à l'aménagement de leur territoire. Les écoles primaires déjà rencontrées sont enthousiastes d'une telle opportunité pour donner un sens pratique à leur enseignement autour d'un projet fédérateur.

De plus, avec les enfants, nous stimulons les familles sur le plan participatif. Rien de tel qu'un projet créatif et concret pour continuer à dynamiser le lien social et le sens civique autour de la question du « mieux vivre ensemble »,

!!Un prototype ludique au 1/20ème pour une pédagogie concrète :

Nous savons que pour favoriser l’émergence d’un nouvel humanisme citoyen, des actions globales et transversales sont souhaitables.

Ainsi l'UNESCO souligne la nécessité d'une éducation intégrant l'apprentissage participatif et les compétences interculturelles et intergénérationnelles.

Un tel projet entre les services municipaux, les écoles primaires, et l'enseignement supérieur, renforce le sens des responsabilités, de la solidarité et du respect des différences. Enfin, découvrir les cultures constructives dans un cadre pédagogique et créatif revalorise les métiers de l'artisanat et de l'aménagement du territoire.

En pratique, à ce stade où rien n'est certain, où toutes les idées peuvent être explorées, nous proposons donc un exercice transversal pour la rentrée 2011 auprès des écoles primaires. Il ne s'agit pas seulement de demander aux enfants de dessiner une passerelle imaginaire mais de réaliser ensemble, un véritable projet à l'échelle 1/20eme.

Si une étude est réalisée avec l’école d’urbanisme elle servira la ville, les étudiants, les écoles primaires et bien évidemment les habitants.

Nous pouvons étudier et réaliser un prototype « pédagogique » : une passerelle de 5 mètres, démontable, comprenant un tablier schématique, et une topographie en deux parties. L’atelier est accompagné par des étudiants en charpente et en architecture. L’outil pédagogique permettra aux enfants d’imaginer ensemble divers projets, et d’aménager les places et les berges.

De plus, l’expérience peut être poursuivie pour d’autres projets de ville. Il s’agit d’un concept économique, participatif, constructif et ludique, au service du citoyen quelque soit sa culture et son âge.

Une mutualisation des outils pédagogiques peut permettre de créer cet atelier avec de très nombreux enfants. A la fin de l'année scolaire 2011 une exposition photographique des projets d'enfants pourra être réalisée dans les Mairies et ainsi redynamiser le projet de passerelle comme le souhaitent les élus qui nous ont invités ce soir."

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