2005-2015, dix ans, dix témoins prennent la parole

Ma contribution pour la délégation ministérielle à l’accessibilité (DMA) dans l’après 2015 suite à l'échéance de la loi du 11 février 2005.

- Y a-t-il des signes montrant que l'accessibilité a trouvé sa place dans les préoccupations des acteurs publics et privés ?

La prise en compte du handicap et les évolutions successives, depuis la Classification internationale du fonctionnement du handicap et la santé par l’OMS, jusqu'à la loi du 11 février 2005, sont les signes d’une volonté avérée de faire avancer l’objectif d’une accessibilité universelle. L’optimiste que je suis à envie de croire que même si les choses ne se mettent pas en place à un rythme plus soutenu, la prolongation, au-delà du 1er janvier 2015, de la dynamique d’accessibilité, est malgré tout le signe d’une volonté d’accentuer et de continuer l’effort, de ne pas baisser les bras face au travail considérable qu'il reste à fournir. Face à ces enjeux de société, les réflexions autour de la prise en compte des différents handicaps apportent au quotidien de toutes et tous…

- Initiatives / actions / opérations dont la société peut être fière ?

En créant le Mois de l’accessibilité en 2009 à Grenoble, les nombreuses manifestations organisées, en partenariat avec les associations, ont permis une information du grand public, au delà du monde des concernés ou des initiés, afin qu’il y ait une prise de conscience beaucoup plus large, nécessaire à cette question pour continuer d’évoluer dans le domaine. Avec INOVACCESS, nous avons expérimenté et créé les conditions d’une accessibilité globale et continue, pour toute personne, quel que soit son handicap ou sa déficience. En aidant les entreprises à rendre leurs locaux accessibles à tous, nous avons certes favorisé l’insertion professionnelle des personnes handicapées, mais aussi lutté contre l’exclusion en favorisant l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap et créé des perspectives pour une meilleure formation et qualification scolaire des personnes en situation de handicap.

- Regret et les causes de ce regret ?

Quand on est élu(e), on passe une énergie et un temps considérables à persuader ses collègues de la nécessité et des avantages transversaux à investir dans la mise en accessibilité et à la prise en compte des réflexions sur le handicap et aux bénéfices qu’ils apportent à chacune et chacun. On peut également exprimer le regret que les efforts ne soient pas plus uniformes sur le territoire et que souvent, les renouvellements des équipes décisionnaires amènent une absence de continuité, stoppée par des choix politique divergents.

- Quelle recommandation voudriez-vous formuler pour l'avenir ?

Investir conjointement dans la mise en accessibilité des établissements scolaires, du plus jeune âge jusqu’à la formation et études supérieures. Des actions comme Inovaccess en direction de l’intégration universelle dans le monde du travail permettent de donner des perspectives dès le plus jeune âge sans que le handicap demeure un problème, pour lutter contre la précarité économique des personnes en situation de handicap, pour que leur dignité soit conservée et qu'elles ne restent pas cantonnés aux simples minima sociaux. Pour qu’enfin on intègre le principe que ce n’est pas le handicap la cause de l’exclusion des personnes en situation de handicap, mais que c’est le manque d’accessibilité et de prise en compte des contraintes liées à un handicap qui obère encore plus les chances de la personne.

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