La dépénalisation serait utile mais ne suffit pas pour régler tous les problèmes

Je n'étais pas un adepte du principe de dépénalisation, mais il faut avouer que face à la situation et au regard des expérimentations qui ont pu être menées dans d'autres pays, cette solution peut, doit-être étudiée…

Légaliser le cannabis, on l'espère, priverait le crime organisé de sa plus grande source de revenu, tout en protégeant les consommateurs.

Un argument répété plusieurs fois dans des exposés divers et multiples, qu'on peut résumer sous la forme d'un graphique assez simple :

  • protéger le consommateur
  • permettre à la police d’économiser de l’argent afin de le dédier à d'autres missions,
  • augmenter les revenus des États,
  • enlever une part de marché aux criminels

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La question maintenant, n'est plus "doit-on dépénaliser le cannabis", mais "comment fait-on…"

Mais cela ne suffit pas pour régler tous les problèmes !

La sécurité est une conjugaison des compétences de l'état avec la responsabilité des différentes autorités et collectivités locales.

L'état en premier, à travers le ministère de l’Intérieur, assure la permanence et la continuité de cette fonction régalienne au quotidien, bien que la police nationale ait perdu près de 7000 agents réels entre la fin de l’année 2007 et la fin de l’année 2012.

Dans ce même temps, n'oublions pas non plus que la gendarmerie a perdu 6790 postes. Le total s'élève donc à plus de 13.000 pertes de postes, compensés en partie seulement par la création de 2700 postes d'adjoints de sécurité dans la police.

Lors de sa dernière visite en Isère, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé la création de postes de policiers supplémentaires en sécurité publique dans le département... À suivre donc...

Ensuite, et en vertu de l’article L.2212-1 du Code général des collectivités territoriales, le maire se doit de veiller, à travers ses pouvoirs de police, à assurer le bon ordre, la sûreté et la sécurité dans sa commune. Donc l'abandon des réflexions sur la vidéosurveillance et sur les compétences dues aux nouvelles missions de la police municipale, doivent être reprises et non abandonnées comme elles l'ont été depuis le début de ce mandat.

Après, le département, qui se doit de maintenir un bon niveau de prévention spécialisée, action d'éducation visant à permettre à des jeunes mais aussi à de jeunes adultes en voie de marginalisation de rompre avec l’isolement et de restaurer le lien social. Ici, le président du département de l'Isère et son exécutif, serait sage de réviser leur position sur cette prévention spécialisée en Isère et notamment celle qui sacrifie la tranche des jeunes adultes des 18-25 ans, qui est le cœur de cible de l'action.

Hier, rappelons que c'est bien deux jeunes hommes de 21 ans et 25 ans qui ont trouvé la mort…

Enfin, et puisque la région veut aller au-delà de ses compétences, et qu'elle projette des aides qui seront consacrées à la sécurité, il serait peut-être bon que celle-ci pallie à la désertion du département sur les politiques de prévention et aide certains lycées en zones plus sensibles, à se doter d'aménagement et de moyens de prévention.

L'encadrement de ces jeunes adultes et donc plus que jamais nécessaire, et c'est cette conjugaison des compétences, cette impérative alchimie qui jaillira de la volonté conjointe de ses collectivités et de ses représentant-e-s, qui permettra de mieux travailler sur cette lutte contre les différents trafics et la délinquance...

C'est ainsi que nous pourrons retrouver, peut-être enfin, une ville et une métropole apaisée

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