« Pour une belle coalition à Grenoble ! »

Depuis plusieurs années le débat public s’est dégradé à Grenoble. La brutalité des décisions municipales n’y est pas pour rien. La vérité nous oblige à dire que d’autres facteurs, pas seulement grenoblois, y contribuent. C’est toute la société qui s’est durcie avec l’influence des réseaux sociaux, la montée des populismes, les difficultés économiques et sociales.

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Parallèlement, depuis plus de vingt ans, les municipalités qui se sont succédées à Grenoble ont vu leur socle électoral se réduire : 54% en 1995, 51 % en 2001, 48% en 2008, 40% des suffrages exprimés en 2014.

La combinaison de tous ces facteurs auraient dû, si l’on raisonne de manière responsable, amener l’actuelle majorité municipale à s’imposer un haut niveau de concertation avec les habitants. Ce n’est pas vraiment ce qui s’est produit alors qu’elle en avait fait son principal argument de campagne en 2014.

Dans ce contexte, et à moins de 18 mois des élections municipales, laisser s’installer, comme nous l’observons depuis quelques semaines, une confrontation entre démagogues et sectaires, populistes et doctrinaires serait totalement irresponsable.

Le risque de naufrage démocratique est désormais bel et bien là. Une alternative doit émerger. Elle doit être large, sérieuse et enthousiaste. Notre ville doit à nouveau penser positif.

Depuis de nombreux mois, nous avons, chacun de notre côté, conduit une démarche assez similaire :

  • Rassembler des hommes et des femmes de sensibilité et de parcours différents
  • Travailler à l’élaboration de propositions concrètes pour l’avenir de notre ville, la vie quotidienne des habitants et le développement économique du territoire.

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Nous partageons les mêmes fils conducteurs : humanisme social, écologie positive, sens du service public et de l’intérêt général, attachement à la liberté d’entreprendre.

Nous nous inscrivons aujourd’hui dans cette longue tradition grenobloise de l’innovation politique et sociale.

Nous appelons à la constitution d’une grande et belle coalition, respectueuse des sensibilités de chacun, ouverte, et construite sur un projet commun au service de Grenoble et de ses habitants.

Notre démarche s’appuie sur une identité de vue sur le diagnostic, les solutions et les moyens à mettre en œuvre.

A Grenoble la baisse des dotations et concours de l’État entre 2014 et 2017 s’est élevée à près de 14 millions. C’est évidemment une somme très importante qui aurait permis de mener des actions significatives au service des habitants. En même temps il faut préciser que cette baisse représente seulement 5,6% des recettes de fonctionnement de la collectivité et rappeler qu’elle a été annoncée et étalée sur trois ans. On voit donc bien que, dans un cadre normal, il aurait dû être possible de « gérer » cette baisse des dotations en procédant à des réformes structurelles.

Les Grenoblois ont pourtant dû subir une politique d’austérité sans précédent qui a frappé de plein fouet les foyers aux revenus moyens et surtout ceux qui habitent dans les quartiers populaires. Fermeture de plusieurs bibliothèques et structures d’accueil de petite enfance, hausses de tous les tarifs municipaux, réduction des horaires d’accueil du public en mairie, liquidation du service de santé scolaire, baisse des moyens du CCAS…

Ce véritable « Munich social » et politique a d’autant été plus mal ressenti qu’il ne correspondait en rien aux engagements pris devant les Grenoblois et qu’il a fait l’objet d’une annonce brutale, sans aucune concertation, au début de l’été 2016.

Les économies à coups de hache n’ont pas empêché une nouvelle dégradation structurelle de la situation financière de la collectivité.

Ainsi, la Chambre Régionale des Comptes, souligne dans son récent rapport que « la capacité de désendettement de la commune se détériore en 2017 ». La charge de la dette est énorme, les impôts sont très élevés, les recettes vont stagner et si l’on ne fait rien les dépenses vont continuer d’augmenter mécaniquement. C’est donc bien le modèle municipal qui est à refonder si l’on veut retrouver une collectivité susceptible d’améliorer le cadre de vie quotidien des habitants et en capacité de conduire des programmes d’investissement ambitieux. Le prochain mandat devra aussi être consacré au désendettement. Nous ne pouvons continuer à appauvrir nos enfants. Face au scepticisme et à la morosité, les réponses doivent s’orienter vers plus de proximité, d’échange, de citoyenneté, de culture, d’éducation pour tous et partout, en collaboration active et régulière avec les habitants.

Face à l’enjeu climatique et environnemental, nous devons mettre en œuvre des outils qui donnent « envie » aux habitants, qui suscitent chez eux un intérêt objectif pour des changements de pratiques. La ville durable et sobre énergétiquement se construira avec les habitants. L’écologie ce n’est pas un slogan mais la réponse aux enjeux d’aujourd’hui et aux défis de demain.

Face au risque du repli sur soi, de l’isolement et du communautarisme nous devons répondre par une politique sociale engagée et ambitieuse, avec des services publics forts parce que rénovés. La restauration d’un espace public propre et sûr est un préalable indispensable pour que Grenoble retrouve une qualité de vivre digne d’une métropole du 21ème siècle.

Face aux difficultés économiques nous réaffirmons ici le rôle de la collectivité publique pour développer l’attractivité du territoire et créer les conditions favorables au développement économique et touristique. Aider les entreprises à s’épanouir c’est permettre à nombre de nos concitoyens de retrouver le chemin de l’emploi, c’est améliorer les recettes fiscales qui peuvent financer des politiques publiques de solidarité.

A l’évidence cet état d’esprit ne peut s’encombrer des logiques partisanes. L’appel que nous lançons aujourd’hui s’adresse aux femmes et aux hommes qui aiment Grenoble, s’inquiètent pour son avenir et veulent se retrousser les manches à son service.

Nous allons organiser dans les semaines à venir de nombreuses réunions de quartier pour intensifier nos échanges avec les Grenoblois, leur présenter notre démarche et leur proposer d’y participer. Nous élargirons bientôt notre travail à l’échelle de la métropole.

Nous jetons aujourd’hui les bases d’une belle coalition inédite au service des Grenobloises et des Grenoblois. Une coalition qui permettra à tous de « vivre » sa sensibilité politique, et de construire un projet commun pour Grenoble.

Nous voulons « cultiver notre jardin », le jardin Grenoblois mérite clarté, respect et ouverture d’esprit. Nous voulons qu’avec nous, de nombreux-ses Grenoblois (e)s retrouvent ce gout et ce désir de travailler ensemble, de dépasser les à priori et de savoir nous surpasser pour atteindre nos rêves. Chacun a sa place dans l’histoire et le développement de notre ville. Nous voulons porter cette philosophie de l’action avec un esprit d’équilibre et de transparence, en responsabilité et sans procès permanent, nous voulons réformer ce qu’il faut et conserver ce qui vaut, mais surtout nous voulons le faire librement, et nous ne pouvons être libres que si nous sommes maitres de nous-même. « Cultiver notre jardin » c’est avant tout un état d’esprit. La qualité du collectif déterminera l’essentiel, nous avons décidé d’un commun accord que Matthieu Chamussy porterait la responsabilité de ce collectif et qu’ensemble nous assumerions la parole et l’expression de celui-ci.

Être maire n’est pas l’affaire d’une seule personne, le projet que nous porterons sera incarné par la force de cette dynamique collective que nous appelons de nos vœux et portée par celles et ceux qui accepteront de nous rejoindre pour s’engager autour de la Belle Coalition !

Nous sommes particulièrement attachés au caractère collectif et organisé de notre démarche, nous y croyons et nous voulons y contribuer avec enthousiasme et détermination.

Grenoble mérite l’engagement d’hommes et de femmes qui ont souvent montré par le passé leur capacité de dépassement et d’innovation, c’est ce beau projet qui nous tend la main, si nous acceptons de le faire nombreuses et nombreux !

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