Il est temps de rappeler à Laurent Wauquiez ses promesses de campagne

À l’occasion de l’Assemblée plénière des 19 et 20 Décembre prochain, Laurent Wauquiez s’apprête à faire voter une délibération ayant pour objet la gratuité des manuels scolaires pour les lycéens de notre région.

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Habitué des coups de clairon et de l’autosatisfaction du président de région, le groupe Socialiste & Démocrate entend rappeler quelques précisions qui ne seront pas inutiles dans le débat qui s’ouvre.

1/ La gratuité est déjà assurée pour les familles et les lycéens de notre région

Les deux anciennes régions Rhône-Alpes et Auvergne garantissaient déjà la gratuité des manuels pour les lycéens. En Auvergne, la région a fait le choix d’appels d’offres alloti par territoire. En Rhône-Alpes, la gratuité était assurée sur les trois années de lycées avec de l’argent versé directement sur la carte Pass’ Région de chaque lycéen qui achetait directement ses livres auprès des libraires.

Le Président de Région ne fait ainsi qu’harmoniser les conditions de cette gratuité en dupliquant le modèle Auvergnat, c’est-à-dire un achat groupé de l’ensemble des manuels scolaires par l’intermédiaire d’un marché public. Cette décision est purement arbitraire et a été prise sans considération des principaux acteurs de livres scolaires : les associations de parents d’élèves et les libraires.

2/ Aucune concertation sérieuse

L’exécutif s’apprête à faire voter une décision qui aura des conséquences pour des centaines de milliers de lycéens et leurs familles sans avoir chercher à concerter les acteurs (libraires et parents d’élèves) qui participent du bon fonctionnement de la distribution des livres scolaires.

Alors que la délibération doit être votée le 19 et le 20décembre prochain, l’exécutif reçoit depuis une semaine à peine les interlocuteurs de ce dossier. Trop tard évidemment, car les arbitrages sont déjà décidés et ils seront lourds de conséquences !

3/ Un affaiblissement des associations de parents d’élèves

La distribution des manuels scolaires au plus près des familles et des établissements scolaires n’ont pas été intégrées au nouveau dispositif régional. L’exécutif régional prend donc le risque d’affaiblir ces associations de parents d’élèves auprès des familles puisqu’elles assuraient un service essentiel de la vie scolaire. Il convient également de s’interroger sur la gratuité qui est proposée puisque les ouvrages dits « consommables »,ceux sur lesquels les lycéens travaillent directement et ne pourront donc être remis sur le marché, ne sont pas couverts semble-t-il par le dispositif régional. Il s’agirait donc d’une charge nouvelle pour les familles. L’exécutif s’apprête donc à faire voter une« fausse » gratuité. Gratuité des livres du tronc commun, mais charge aux familles de se payer les ouvrages consommables. Ce n’est pas acceptable. Enfin, ce sera l’impossibilité pour des centaines de milliers de lycéens de revendre leurs livres aux libraires en cette fin d’année et donc une gratuité qui ne sera pas du tout remplie cette année.

4/ La mise en péril des librairies indépendantes

L’autre acteur majeur qui a été oublié par la région, c’est le libraire. En effet, les librairies indépendantes risquent de souffrir de la décision de la région de mettre en œuvre la gratuité des manuels scolaires à travers un appel d’offres centralisé qui risque assurément de les priver d’une partie conséquente de leur chiffre d’affaire annuel.

Pour rappel, le territoire rhônalpin possède le premier réseau de librairies indépendantes de France. Si tel est le cas – et il faut le rappeler – c’est en grande partie grâce à des politiques conduites par des majorités régionales de droite et de gauche soucieuses de politiques équilibrées sur la question du livre scolaire, loin des coups de communication.Il s’agit d’un secteur majeur de l’économie culturelle, de l’économie de proximité et de l’animation commerciale dans nos centres-villes et villages à travers l’ensemble du territoire.

La vente de livres scolaires représente en moyenne 12% du chiffre d’affaires d’une librairie sans compter la vente additionnelle de la papèterie ou de la littérature générée par le « flux » des clients de livres scolaires. Au total, c’est près de 20% du chiffre d’affaires annuel d’une librairie. En prenant une décision quasi unilatérale de centraliser les achats de livres via appel d’offres, la région prend donc le risque de mettre en péril les librairies indépendantes de Rhône-Alpes avec des risques certains d’emplois supprimés ou de disparition de librairies.

De plus, c’est un mauvais coup fait aux libraires qui avaient reçu lors de la campagne des régionales de 2015 le soutien de Laurent Wauquiez, comme le prouve le courrier ci-joint dans lequel il s’engageait à ne pas recourir à l’achat groupé pour les livres scolaires : « Je suis convaincu que vous devez être au cœur de cette ambition car la pérennité des librairies indépendantes en dépend ».

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