« Je n’ai de leçons à recevoir de personne... »

C’était le 27 décembre dernier, mon interview par Eve Moulinier reproduit ici en intégralité avec l’aimable autorisation du Dauphiné Libéré.

« Le 13 décembre, on apprenait que le collectif “Grenoble 2020”, emmené par Stéphane Gemmani, rejoignait celui d’Olivier Noblecourt, “Grenoble, Nouvel air”, pour les municipales de mars… Ceci, après avoir fait un peu de chemin avec celui de Matthieu Chamussy, “Grenoble nous rassemble”… Et après avoir été approché par celui d’Éric Piolle, “Grenoble en commun”… Explications.

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Il y a trois ans, votre collectif “Grenoble 2020” commençait à bosser sur les municipales. Finalement, vous n’aurez pas de liste. Pourquoi ? « Quand notre collectif a commencé à se réunir, on ne s’est jamais dit qu’on formerait une liste à nous seuls. On voulait travailler à un projet pour Grenoble et rassembler le plus largement possible. D’ailleurs, on n’était pas dans une opposition ferme à Éric Piolle puisqu’on avait lancé un appel. Notre porte était ouverte. Mais on n’a jamais eu de réponses, à part celles de ses snipers sur les réseaux sociaux. Finalement, de par mon parcours personnel en tant qu’ancien élu de la majorité Destot et de mon engagement à la Région (où il siège sur les bancs du groupe socialiste, NDLR), nous avons été amenés à travailler avec l’opposition de gauche, avec Marie-José Salat et Anouche Agobian. »

Sauf qu’il y a eu aussi ce rapprochement avec le collectif de Matthieu Chamussy, chef de l’opposition de droite au conseil municipal… « C’est sur un même constat que nos deux groupes se sont rapprochés pendant un moment. Un constat de carences, car il manquait à Grenoble un souffle, un élan. Donc, le centre gauche que je représente et le centre droit que Matthieu Chamussy incarne, ont tenté de se rapprocher. On avait des points communs : nous nous opposions tous les deux à Carignon et au Rassemblement national. On avait aussi des convergences sur le sujet de la sécurité. Mais, finalement, on a eu des désaccords de fond. Je garde néanmoins un bon souvenir de ce travail en commun. Matthieu Chamussy est un chic type, même si son projet est beaucoup plus politicien que le mien. »

Le 13 décembre, on a été surpris d’apprendre que vous aviez discuté avec l’équipe d’Éric Piolle. On avait cru comprendre que vous prépariez l’alternance… « Quand Marie-José Salat et Anouche Agobian ont commencé à se rapprocher de “Grenoble en commun”, on a naturellement fait partie des discussions. Sur le moment, j’ai trouvé Éric Piolle plus réceptif que je ne l’aurais cru. Il écoutait nos propositions, il n’était pas fermé à parler de sécurité. Et l’idée de former un arc humaniste trouvait également un écho favorable au sein de mon équipe. Alors, on a discuté… »

Sauf que cela a été un échec ? « Disons qu’on m’a vite fait sentir qu’on voulait bien du collectif “Grenoble 2020”, qu’on voulait bien également de l’étiquette de mon parti Cap 21, mais qu’il y avait un problème avec moi. Certains élus comme Alan Confesson (LFI) ou Yann Mongaburu (ex-EELV, actuel Génération.s) me reprochaient mon bref passage à LREM et me faisaient le procès de n’être pas assez à gauche. Ce qui m’a passablement énervé, car je n’ai de leçons à recevoir de personne, surtout de la part de jeunes de 30 piges qui étaient encore des enfants quand j’ai créé le Samu social et commencé à faire des maraudes la nuit… Reste que devant ces exigences purement politiciennes et déplacées, j’ai été tenté de m’effacer, mais mon groupe a refusé que je le fasse car il ne comprenait pas que des inimitiés personnelles surpassent l’intérêt général. De plus, cela a été un révélateur sur ce qui se passait à l’intérieur de la liste d’Éric Piolle, où le soi-disant arc humaniste s’est déporté vers l’extrême gauche sectaire… »

C’est là que “Grenoble Nouvel air” est devenu une option ? « Pas du tout, on a commencé à discuter bien en amont. Et on était déjà conscients que nos deux collectifs étaient très complémentaires. En revanche, depuis qu’on a pris la décision de s’allier, l’énergie a quadruplé dans mon groupe. Un vent d’espoir s’est levé. C’est là qu’on a su qu’on avait fait le bon choix. La dynamique est là. »

« À ceux qui me traitent de girouette… »

Que répondez-vous à ceux qui vous traitent de girouette ? « À ceux qui me traitent de girouette, je ne réponds rien. Je vois bien les saloperies que le site de Carignon écrit sur moi, mais cela ne m’atteint pas. Au fond, c’est quoi une girouette ? C’est d’abord un élément fixe, placé en hauteur, qui mesure l’air du temps. Moi, je ne suis pas sectaire, j’aime analyser les évolutions sociétales, j’essaie de comprendre les préoccupations actuelles des gens. Et je suis pour la confrontation des idées.

Si on ne reste qu’avec des gens qui pensent comme nous, on ne progresse jamais, on s’enferme. Mais attention, s’adapter, ce n’est pas changer de convictions. Les miennes, elles sont intactes. Je suis pour la justice, la solidarité, l’ouverture au monde. Pour moi, l’intérêt général prime avant tout et je crois toujours qu’un large rassemblement est la seule façon d’agir pour le bien commun. Mon grand-père s’est engagé en Résistance avec les communistes et pourtant, ses yeux brillaient aussi quand il parlait de De Gaulle. On a toujours été une famille ouverte. »

Et pour finir : on vous croyait fâché avec Olivier Noblecourt que vous rejoignez pourtant aujourd’hui… « Oui, on a eu des différends, mais on a tout mis sur la table et tout va bien maintenant. Je n’ai aucun souci personnel à être sur sa liste. Encore une fois, je le répète, je crois à la complémentarité pour le bien commun. » »

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